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Manquer de repères

13 janvier 2011

Sur l’autoroute, j’ai l’impression que je n’avance pas à la bonne vitesse. Mon indicateur de vitesse marque environ 100 km et j’utilise mon régulateur de vitesse. Pourtant, les voitures se déplaçant dans la même direction que moi me dépassent toutes depuis quelques instants… C’est un sentiment étrange. Je quitte l’autoroute. Je décélère. Au bout de la rampe, l’indicateur de vitesse marque maintenant 60 km. Je suis complètement arrêtée et je dois me rendre à l’évidence que mon indicateur de vitesse est défectueux! Le stress s’installe… La route que j’emprunte affiche une limite de vitesse de 80 km. Je redémarre. J’essaie d’estimer, de sentir la vitesse à laquelle je roule. Après une intersection, je suis rassurée car il y a maintenant deux voitures devant moi. Je peux les suivre et j’ai alors l’impression de « bien me conduire ».

À la fin de ma journée de travail, je dois reprendre la route. J’éprouve un sentiment d’inquiétude en pensant aux routes que je devrai emprunter, je réfléchis aux limites de vitesse que je vais devoir respecter, aux agents qui sont souvent sur certaines de ces routes,… J’envisage avec moins d’anxiété les déplacements à basse vitesse (dans les villages et dans les rues de ma banlieue) que ceux à haute vitesse.

Tout en roulant vers la maison, j’essaie sans cesse de déduire  la vitesse à laquelle je roule. Je ne peux m’empêcher de constater que le manque de rétroaction a une grande incidence sur mon niveau de stress et sur ma confiance en mes actions.  Tout ce que je fais est imprécis et je cherche des repères pour juger du résultat de mes manoeuvres.

Tout au long de mon aventure, je réfléchis…

Je pense aux élèves qui ne reçoivent pas de rétroaction et qui cherchent des repères. Ils doivent, eux aussi, ressentir de l’anxiété tout au long de leur parcours.

En suivant d’autres véhicules, je pense à ce qui se produit lorsqu’on fait confiance aux autres, lorsqu’on profite de situations de travail d’équipe, de collaboration, d’accompagnement.

Je pense à l’outil qu’est l’indicateur de vitesse. Je me pose la question à savoir si une rétroaction descriptive serait plus efficace qu’une simple aiguille et une valeur numérique pendant la conduite. J’imagine la réaction d’un jeune conducteur qui verrait (ou entendrait) « Ralentis, tu roules trop vite. Tu pourrais blesser quelqu’un. »

Je pense à ma dépendance à une seule et unique stratégie pour déterminer ma vitesse de conduite. Ne devrais-je pas développer une plus grande variété de stratégies?

Aujourd’hui, mon véhicule est en réparation. Demain, je vais retrouver mes repères…

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Ordre du jour

20 décembre 2010

Pourquoi faire aujourd’hui ce qu’on peut remettre à demain? 😉

Je réfléchis aux défis liés à la procrastination (mon organisation dans le temps) et au rangement (mon organisation physique et virtuelle). Je me revois adolescente à terminer un travail la veille de sa date d’échéance. Au fil du temps, j’ai amélioré mes stratégies de gestion du temps toutefois il semble que ce soit peut-être au détriment de mes habitudes de rangement… Je visualise le divan près de mon lit qui, à certains moments, sert au non-rangement de mes vêtements. J’ai pourtant des tablettes, des tiroirs, des cintres,… J’ai l’impression que ce sont davantage les expériences que les outils qui m’ont amenée à évoluer.

Suite à l’exploration des habitudes de travail et des habiletés d’apprentissage qui font partie de la politique « Faire croître le succès » avec mes collègues, voici une collection de liens vers des outils ou des ressources pour l’élève qui veut développer, améliorer ou maintenir son sens de l’organisation. Quelles autres ressources pourraient appuyer nos élèves pour qui ceci est un défi? Plus que des ressources, quelles expériences les amèneront à accorder une attention particulière au développement de leur sens de l’organisation?

Le sens de l’organisation m’apparaît intimement lié au développement d’habiletés, entre autres, en numératie. Lorsqu’il s’agit d’expliquer le monde qui nous entoure, d’en observer les régularités ou encore de communiquer notre démarche ou nos stratégies en situation de résolution de problèmes, le sens de l’organisation nous sert grandement. Cela s’applique autant à l’enfant qui organise son espace de travail pour mieux compter des objets (en les déplaçant un par un sur une surface, en les regroupant en paquets plus facile à compter,…) qu’à celui ou celle qui résout un problème complexe en gardant des traces de toutes les étapes de sa démarche.

De prochaines pistes de réflexions sur le sujet:

  • Trouver un remède au syndrome du « beaux projets, bonnes intentions,… mais incapable de démarrer » – Comment aider les jeunes adultes à passer à l’action?
  • Comment réagir quand les « bottines » ne suivent pas les « babines »?
  • Comment résister aux distractions?
  • Une compréhension du « pourquoi » peut-elle appuyer un sens de l’organisation accru?
  • Un plan « B » clairement articulé est-il utile pour éviter la procrastination?
  • Comment être plus efficace pour ranger au quotidien?

Textes ou clips récents sur le sujet :

  • The Secret Power of Time – Une représentation animée de la réflexion du Professor Philip Zimbardo au sujet de l’influence de notre perception du temps sur notre attitude et notre comportement.
  • Later – What does procrastination tell us about ourselves? Critique de livre par James Surowiecki –  Des philosophes à Victor Hugo, des lauréats de prix Nobel à Ulysse… des exemples d’explications possibles et de stratégies de toutes sortes.

« You don’t have to be great to get started, but you have to get started to be great. » – Les Brown

Enfin, je partage une résolution que je contemple pour la nouvelle année  en ce qui a trait à la gestion du temps (inspirée par ce billet): Commencer la journée en faisant de l’activité physique au lieu de l’activité informatique… À suivre!

Droit de parole

7 décembre 2010

« Les conversations sont les cellules souches de l’apprentissage. »  Jay Cross

Scénario X : Quelque part au pays, dans une classe, LA question est posée. Même pas le temps d’une respiration et c’est le début d’un monologue … on entend la question posée à nouveau, des conseils, des indices, des mises en garde…. toujours la même voix… Tout à coup, un élève est sollicité pour fournir un élément de réponse. Et le monologue reprend de plus belle…

D’accord, j’exagère, mais… Qui prend part aux conversations en classe? Combien y a-t-il de « conversations » en lien avec l’apprentissage? Quelles seraient les données si on demandait à quelqu’un de noter le type et la fréquence des interventions et des échanges lors d’une période en classe ou si on analysait un clip vidéo de cette période?

Un article au sujet d’un projet de développement professionnel grâce à l’observation par les pairs (Teacher Development Through Peer Observation) a été pour moi une source d’inspiration dans ma quête de développement d’habiletés d’observation et de cueillette de données en salle de classe.

Quelles stratégies peut-on mettre en place pour offrir aux élèves plus de temps et d’occasions pour parler et articuler leurs idées?

  • Orchestrer du travail en dyade ou en petites équipes.
  • Compter au moins trois longues respirations après avoir posé une question (inspire – expire – inspire – expire – inspire – expire…) pour laisser le temps aux élèves d’avoir de l’inspiration et d’articuler leur pensée.
  • Utiliser la stratégie « PPP » – (Pense, parle, partage ou Think, Pair, Share)… une séquence qui prévoit du temps de réflexion et du temps pour des échanges à deux niveaux différents, en dyade et en grand groupe suite, à un questionnement.
  • Exploiter des outils technologiques pour favoriser les conversations (Interesting Ways pour l’utilisation de blogs, twitter, podcast, skype, voicethread, vidéo, wallwisher, téléphone,… en classe).

Autres pistes à partager pour multiplier les conversations en classe?

Pour vrai…

24 novembre 2010

Voilà, c’est parti pour vrai! Depuis le temps que j’explore, que je lis et que je partage ce que plusieurs personnes écrivent sur leurs blogues, j’ose enfin entrer dans la danse. Mon premier billet s’inspire du travail de Dan Meyer. Ce jeune enseignant et orateur cherche à rendre l’apprentissage des mathématiques plus pertinent et engageant en proposant des pistes d’exploration réelles, plausibles et utiles.

QFAC – Que faire avec ceci? – C’est ma traduction du WCYDWT (What can you do with this?) partagé sur le blogue de DY/DAN.

Je cherche donc à découvrir, à exploiter et à partager des contextes, des situations et des questions intéressantes (non artificielles) qui peuvent amener les élèves des cycles primaire et moyen à réfléchir, à explorer et à apprendre différents concepts mathématiques.

Après avoir présenté un fait divers, un objet, une image ou un clip vidéo, qu’arrive-t-il si on pose la question suivante aux élèves :  «Selon vous, qu’allons-nous apprendre aujourd’hui ? »