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Jamais deux sans trois

3 septembre 2015

Quel privilège que de pouvoir observer un enfant qui joue, qui explore, qui apprend!  Je vous partage ce clip de Charlotte, 14 mois, qui joue dans son tiroir préféré du moment.

Je vous invite à faire l’exercice « Je remarque »/ »Je me demande » suite au visionnement de ce clip.

  1. Notez d’abord ce que vous avez vu, observé de façon objective.
  2. Ensuite, notez les questions qui vous viennent à l’esprit.

Voici mes observations:

  • Elle prend un objet à la fois sauf à une occasion où elle en prend deux.
  • Elle se place sur le bout des pieds lorsqu’elle regarde dans le tiroir.
  • Elle laisse tomber les tiges presque toujours de la même hauteur.
  • La 3e séquence est interrompue par un déplacement physique différent et un regard vers une poignée de tiroir.
  • À deux reprises, elle ne dépose pas la dernière tige complètement dans le tiroir, elle recommence plutôt l’opération inverse.
  • Elle repositionne la dernière tige quelques instants avant de fermer le tiroir.

Voici mes questions:

  • Lorsqu’elle dépose une 3e tige par terre (2 premières fois), elle ne regarde pas dans le tiroir. A-t-elle une idée de la quantité « 3 » qui lui permet de prendre cette décision?
  • Lors de la 3e séquence, a-t-elle été distraite face à son décompte? Elle regarde dans le tiroir après avoir déjà déposé 3 tiges par terre. Il n’en reste plus. Cette fois là, elle ne semble pas l’avoir déduit.
  • Est-elle en train de se faire une idée du concept de la gravité?
  • Replace-t-elle la grande tige dans le tiroir avant de le fermer parce qu’elle réalise que la tige risque de s’accrocher en fermant ou tout simplement parce qu’elle voit qu’elle n’est pas placée comme les autres?
  • Sera-t-elle une adolescente ordonnée? Aimera-t-elle faire du rangement?

Je vous invite à partager vos observations et vos questions.

Quelques liens:

Question de point de vue

12 juin 2014

Plusieurs chercheurs dans le monde de l’éducation s’intéressent à l’effet de la rétroaction sur l’attitude, le comportement et la réussite des apprenants. « Fournir des rétroactions descriptives qui favorisent l’apprentissage » est une stratégie adaptée des travaux de Black et Wiliam, qui fait partie du cadre d’évaluation de la politique du MEO, Faire croître le succès. Dans ce document, le mot rétroaction apparaît 39 fois.

Les travaux de Carol Dweck en lien avec la vision que l’on a de l’intelligence m’interpellent particulièrement. Selon notre vision « fixe » ou « flexible » de l’intelligence, nous avons un comportement très différent face à l’apprentissage et notre discours, nos rétroactions en sont la preuve. Jo Boaler s’appuie énormément sur les travaux de Carol Dweck pour faire le lien entre ce « mindset » et l’attitude des gens face aux mathématiques.

Ma collègue a traduit le texte sur cette infographie de Nigel Holmes qui présente les effets des deux visions sur le comportement face à l’effort, aux défis, aux succès,…

Diagramme de Nigel Holmes

Notre rétroaction m’apparaît teintée par l’une ou l’autre de ces visions. Puisque la rétroaction que nous offrons aux élèves et à nos enfants produit un effet sur l’attitude de ces derniers face à la prise de risque, l’apprentissage et la réussite, comment pouvons-nous en être plus conscients?

Une grille d’analyse pourrait-elle nous aider à tracer un bilan et analyser les tendances de nos rétroactions? Avons-nous un esprit de développement face à nos comportements de pédagogue? Cette grille pourrait être un point de départ pour recenser la forme de nos rétroactions. Ma prochaine question est la suivante : Comment pouvons-nous identifier encore plus précisément des traces de notre vision (fixe ou en développement) dans notre rétroaction?

Quelques liens

À prendre des risques…

23 mai 2014

Au risque de répéter ce que plusieurs de mes collègues avancent, le  mot-clic #fail, populaire ces temps-ci, signale des occasions d’apprentissage.

fail

Pour innover, pour créer, pour prendre position, pour résoudre de nouveaux problèmes, pour provoquer un changement, on se doit de prendre des risques. À l’opposé, l’évitement ou la complaisance ne soutiennent ni l’apprentissage ni le changement.

Dans les milieux où la prise de risque est encouragée et où l’erreur est une occasion privilégiée d’apprentissage, les apprenants (élèves et enseignants) semblent véritablement engagés. Les conversations y sont riches, l’apprentissage y est évident! Ce qu’on gagne à prendre des risques, c’est d’apprendre des risques!

risques

Astérisques  :)

* En grandissant, lorsque je faisais face à un défi, une blessure ou une embûche en faisant de nouvelles expériences, ma maman me disait sur un ton très positif : « Ce sont les risques du métier » et « C’est le métier qui rentre ». Elle reconnaissait bien l’apprentissage lié au fait de prendre des risques et de faire des erreurs.

** J’ai lu quelque part un nouveau mot pour « mistakes » , soit « learnstakes »,… en français on transformerait alors des erreurs en bonheur, bonheur d’apprendre !

*** Anagramme du mot risque : requis!🙂

Liens

 

 

 

Chacun sa place

13 février 2014

L’organisation physique de la salle de classe m’apparaît intéressante, accueillante. J’y vois quelques tables avec 4 chaises et un boitier de matériel varié au centre des tables, deux petits pupitres aux deux extrémités de la classe, une table haricot et un grand tapis. Les élèves de première année entrent et s’organisent pour la journée. Chacun range sa boîte à goûter et son sac, change ses souliers. J’entends des salutations, des conversations, des rires.  Lorsque le message d’accueil se fait entendre dans l’école, les élèves sont tous assis autour des petites tables. Tous, sauf deux. Ces deux enfants commencent leur journée dans cette classe assis à un petit pupitre à l’écart des autres.

J’avais supposé que ces deux pupitres servaient de postes de travail accessibles à tous pour se concentrer sur une tâche autonome ou pour profiter d’un espace de travail calme au besoin. Je suis préoccupée par le fait qu’on ait assigné une « place » à un enfant à l’écart du groupe dès le début de la journée. Est-ce ainsi tous les jours, toutes les semaines, toute l’année? Isoler systématiquement un ou une élève dans la classe, n’est-ce pas une leçon d’intimidation en soi? Le groupe-classe est-il en train d’apprendre qu’il est tout à fait normal d’exclure de notre milieu de vie ceux ou celles qui dérangent ou qui sont différents?

Pis les enfants c’est pas vraiment vraiment méchant
Ça peut mal faire, ou faire mal de temps en temps
Ça peut cracher, ça peut mentir, ça peut voler
Au fond, ça peut faire tout c’qu’on leur apprend

L’escalier, paroles et musique: Paul Piché

classe

Quelques liens

Patrick Huard et l’évaluation au service de l’apprentissage

28 mars 2012

Tout au long de la diffusion de Star Académie, Patrick Huard et les autres enseignants de l’équipe nous ont permis, dans leur grande générosité, de les observer en action. Maintenant que c’est terminé, je fouille encore sur le site de Star Académie pour y dénicher des extraits qui illustrent différentes pratiques pédagogiques « gagnantes » en lien avec l’évaluation au service de l’apprentissage.

En visionnant les cours d’interprétation de Patrick Huard, on peut découvrir de nombreux exemples d’un enseignant qui…

  • prend le temps d’accueillir l’élève et de le faire parler de ses états d’âme
  • définit le résultat attendu et les critères de réussite avec les élèves – Pourquoi tu as choisi cette chanson? Qu’est-ce que tu comprends? Qu’est-ce que tu veux accomplir?
  • observe l’élève en action sans interrompre, sans guider
  • valorise l’effort et le travail (les habitudes de travail et les habiletés d’apprentissage)
  • exerce une retenue (temps d’attente)  « À 3:17 –  Je vais laisser les autres s’exprimer et après je vais vous dire des petites choses…« 
  • fait ressortir les points forts (exemples précis, mots clairs) … pas juste « C’était bon » mais « Il y a une différence dans le soutien de ce que vous faites. Je sens un fil continu…« 
  • propose une prochaine étape avec des pistes précises pour y travailler

Enfin, dans cet extrait d’une leçon d’interprétation, Patrick Huard invite les jeunes à se donner de la rétroaction entre eux.  On peut en retirer, entre autres, des exemples de:

  • climat de confiance établi dans un groupe-classe
  • évaluation par les pairs
  • autoévaluation
  • enseignant qui se présente comme un apprenant
  • exploitation (tri) de la rétroaction pour cibler une prochaine étape
  • utilisation de l’humour
———————
Encore cette saison, j’ai suivi l’aventure Star Académie et je suis un peu nostalgique que ce soit déjà terminé. J’ai découvert avec grand plaisir de nouveaux artistes et de nouvelles chansons. J’ai particulièrement apprécié « la galette émergente » et les cours de Biz.

Quelle surprise lorsque j’ai reconnu Jean-Yves Fréchette à la télévision! J’ai eu la chance de rencontrer le papa de Biz à Clair2012 au mois de février. Nous avions alors échangé sur la twittérature.

Et vous, avez-vous suivi cette aventure? Qu’est-ce qui vous a plu? Qu’avez-vous appris?

Star Académie en prolongation

27 mars 2012

La cinquième édition de Star Académie est terminée et j’en fais ma « prolongation ». Depuis la dernière édition de cette aventure, l’exemple de Patrick Huard m’a permis de provoquer des conversations sur les pratiques pédagogiques liées à l’évaluation au service de l’apprentissage dans mon milieu. J’ai tenté de communiquer avec lui au début de la saison pour lui partager ceci et pour lui demander la permission d’exploiter son « oeuvre » à des fins de développement professionnel.

Voici un extrait de mon message…

Je dois vous dire que je vous ai cité en exemple à quelques reprises auprès de mes collègues pour vos actions en tant que professeur à Star Académie. Lors de vos interventions, vous accueillez les élèves en engageant une conversation qui touche d’abord leur côté affectif. Après avoir établi un climat de confiance, vous écoutez et observez votre élève en action. Vous questionnez l’élève pour mieux comprendre certains éléments de sa performance. Ensuite, vous lui partagez les points forts et vous lui proposez une prochaine étape. Votre rétroaction est claire et très précise.

Parmi les pratiques pédagogiques en lien avec l’évaluation au service de l’apprentissage, notre communauté d’apprentissage professionnelle cherche à s’améliorer pour fournir à chaque élève des rétroactions descriptives continues, claires, spécifiques, signifiantes et ponctuelles. Nous voulons offrir des renseignements précis aux élèves au sujet de leurs points forts, des améliorations requises et des étapes à franchir pour y arriver.

Avec mes collègues, nous avons visionné des extraits de ses cours pour tenter d’y déceler des exemples concrets de pratiques pédagogiques et pour les analyser.

Dès le début de la présente saison, Patrick Huard a accordé une entrevue dans laquelle il parle de son rôle.

On y entend: « Je me vois plus comme un évaluateur. Juge, je trouve ça dur un peu. » Nous faisons des liens entre ce commentaire et ce que nous appelons l’évaluation au service de l’apprentissage et l’évaluation de l’apprentissage. Dans la langue anglaise, les deux mots « assessment » et « evaluation » facilitent la distinction entre ces deux intentions.

Patrick Huard dit aussi: « Quand j’ai passé des auditions souvent dans ma vie, j’aurais aimé avoir du feedback. J’aurais aimé savoir pourquoi je l’ai eu ou pourquoi je ne l’ai pas eu. Souvent, tu es dans le néant, tu ne le sais pas. »  

« L’amour et le respect des performeurs passe par donner un feedback honnête comme performeur pas comme critique. Je ne fais jamais de commentaires à quelqu’un sur quelque chose que je sais qu’il ne peut pas travailler«  . Ses propos illustrent avec humour l’importance d’une rétroaction descriptive, précise et réaliste.

En Ontario, la politique d’évaluation et de communication du rendement « Faire croître le succès » propose des pratiques pédagogiques (pages 41-44).  Quelles sont nos/vos prochaines étapes pour poursuivre la mise en oeuvre de pratiques pédagogiques en lien avec l’évaluation au service de l’apprentissage ?

  • offrir une rétroaction descriptive et utile aux élèves et ce, en temps opportun
  • filmer des séquences en classe pour analyser  la qualité de notre rétroaction

Tout vient à point à qui sait attendre

21 février 2011

Parfois, il nous semble pénible de voir nos élèves réfléchir, chercher,… Nous éprouvons souvent un réel malaise devant l’irrésolution. Nous voulons «aider», «soutenir», «guider»,… Nous semblons être allergiques aux silences et aux temps de réflexion.

Lorsqu’on capte des clips à l’aide d’une petite caméra vidéo en salle de classe, cela nous permet de constater (avec le compteur de temps) et d’analyser qui prend part (et quelle part) aux conversations. Il est aussi possible de consigner nos observations grâce à différentes grilles. Je suis toujours à la recherche de nouvelles stratégies d’observations.

En animant une enquête collaborative récemment, j’ai demandé à une collègue qui venait observer la rencontre de me donner de la rétroaction sur un élément suite à la journée, soit ma gestion du «temps d’attente» ou plutôt du «temps de réflexion». Je lui ai demandé de vérifier si je respectais un minimum de 3 secondes de silence après une question posée au groupe et un minimum de 3 secondes de silence après une intervention de quelqu’un du groupe avant de reprendre la parole. Malgré le fait que c’était un objectif personnel, réfléchi et partagé, les «crochets» sur sa feuille d’observation n’étaient pas très élogieux.

Le lendemain, lors de la rencontre d’une autre équipe, j’ai adopté une stratégie d’autorégulation. À l’aide d’une feuille sur laquelle j’avais imprimé des groupes de trois cercles, j’ai tenté de noircir lentement trois cercles après avoir posé une question et après une la réponse ou l’intervention d’un participant. J’ai eu l’impression que ce repère visuel m’a permis d’être plus vigilante que la veille avec mon «temps d’attente». Mon objectif est que cela devienne pour moi une «seconde nature».

Comment peut-on s’assurer d’accorder aux élèves le temps dont ils ont besoin pour réfléchir? Comment peut-on s’entraider entre collègues à ce sujet et se conscientiser davantage à cet aspect de l’apprentissage? Comment peut-on aider les élèves à développer le goût de réfléchir et à faire preuve de persévérance devant une situation complexe ?

Outre le rythme et les conversations dans la salle de classe, d’autres facteurs tels le climat et le questionnement viendront grandement influencer la réflexion de l’élève.  Je m’accorde donc un temps de réflexion pour en apprendre davantage à ce sujet…

Partage de liens :

  • Five Rules to Problem Solving in your Shop « #5. Don’t speak rule » – Beau défi que de donner le temps à la personne qui soulève un problème de tenter de le résoudre.
  • Using Think Time and Wait Time Skillfully in the Classroom – J’ai surtout accroché à l’idée d’attendre AUSSI après que l’élève se soit exprimé.
  • Monographie : L’interaction entre élèves dans un cours de mathématiques: Compétition ou échange d’idées? – On y souligne l’attente de réponse comme une stratégie qui favorise l’interaction en salle de classe.
  • Communication in the Mathematics Classroom – « When teacher talk dominates whole-class discussion, students tend to rely on teachers to be the expert, rather than learning that they can work out their own solutions and learn from other students. » – Ce document du Secrétariat de la littératie et de la numératie devrait être disponible en français sous peu.
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